Le match livret A contre assurance vie

Posté le 13 août 2008

Les assureurs ont senti le vent du boulet. La rémunération du Livret A passe, aujourd’hui, de 3 % à 3,5 % net, alors que l’application de la formule habituelle de révision aurait conduit à le porter à 4 %. Matignon a finalement tranché et opté pour une rémunération plus basse pour ne pas peser sur la construction des logements sociaux et pour ne pas bousculer la hiérarchie des placements - ceux à court terme comme le Livret A, devant normalement être moins rémunérateurs que ceux à long terme comme l’assurance-vie. A 3,5 %, le Livret A représente un moindre danger, mais peut encore inquiéter l’assurance-vie de masse vendue dans les grands réseaux bancaires, qui n’est pas la mieux rémunérée du marché. D’autant que le taux du Livret A est doublement net : net de frais, mais aussi (à la différence des taux affichés par les assureurs), net de tout impôt ou taxe. Pour obtenir un taux aussi pur dans l’assurance-vie monosupport en euros (le régime des prélèvements sociaux diffère pour les contrats multisupports), il faut retrancher du taux net de frais de gestion les 11 % de prélèvements sociaux, mais aussi la fiscalité qui serait appliquée en cas de sortie et qui diffère selon la durée du placement (avant et après quatre ans ou après huit ans). Un rendement annuel net de 3,93 % pour un contrat d’assurance-vie équivaut en fait, une fois les prélèvements sociaux retranchés (11 %), à… 3,5 % justement ! Pour 2007 et selon les premières constatations, la moyenne de rémunération nette de l’assurance-vie s’établit à 4,3 % (1), soit, hors prélèvements sociaux, 3,83 %. Placement liquide par excellence, non imposable et désormais plus rémunérateur, le Livret A n’a qu’un seul inconvénient : les dépôts y sont limités à 15.300 euros, mais par membre du foyer, adulte comme enfant.

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